Crémation : une pratique funéraire en hausse

Si l’existence de la crémation ne date pas d’hier, cette pratique funéraire, durant laquelle la dépouille du défunt est réduite en cendres par le feu, bénéficie d’une hausse significative depuis les années 80. Les mentalités évoluent, des religions en reconnaissent désormais la pratique. La crémation convainc un plus grand nombre de personnes en France comme dans le monde entier, et même jusqu’aux plus grandes stars...

Une pratique funéraire ancienne

La crémation (ou incinération) n’est pas une pratique funéraire récente. Les Vikings, par exemple, la pratiquaient au moyen-âge avec les bateau-tombe qui étaient fabriquées pour être brulés. De même le peuple Celte, après avoir pratiqué l’inhumation avec les tumuli, est passé vers -1300 à la crémation. Les urnes cinéraires étaient ensuite déposées dans de vastes nécropoles. Les premières traces de crémation dateraient de l’Homme de Mungo, en Australie,  il y a 40 000 ans.

Une hausse mondiale de la crémation

Marginale en 1975 avec 0.4 % des pratiques funéraires, la crémation a atteint 34.54% en 2016 en France. Dans le cadre de l’organisation des obsèques, la crémation est devenue une pratique funéraire croissante qui, selon les prévisions pour 2050 en France, atteindrait les 50%, ce qui est déjà le cas dans certaines grandes villes. En plus de 30 ans, la crémation a ainsi séduit non seulement les français mais également de nombreux pays à travers le monde.

La crémation progresse en France.

En 2015, le nombre de crématoriums en France est passé à 175 et 28 projets sont en cours d’élaboration. En 1975, il existait seulement sept crématoriums. Selon un sondage Ipsos effectué en juillet 2015, 51% des Français sont favorables à une crémation.

La crémation progresse en Europe

En 2011, la Suisse arrivait en tête des pays européens ayant le plus haut taux de crémation avec 85 %. La République Tchèque (81%), le Danemark (77%), la Suède (77%), la Grande-Bretagne (73%) complétaient le classement pour la pratique funéraire dans le cadre de l’organisation d’obsèques. La Belgique, avec 48% en 2011, totalisait en 2014 un taux de 60%.

La crémation progresse également en Amérique du Nord

Plus de 60% des Canadiens ont opté en 2016 pour la crémation. Dans la seule région du Québec, 70 % des habitants choisissent cette pratique funéraire aujourd’hui. Chez leurs voisins d’Amérique du Nord, les États-Unis, le taux de crémation est passé de 3.56% en 1960 à 40.62% en 2010. Il avoisine aujourd’hui les 45%.

Taux record de crémation au Japon et à Hong-Kong

C’est au Japon que le taux de crémation atteint des sommets avec 99,8% de la population (En Ville, la pratique est obligatoire). Dans la ville d’Hong-Kong, le taux représente 88% sans que la pratique soit obligatoire. L’Inde, traditionnellement favorable à la crémation, possède, avec 85%, un taux bien supérieur à la moyenne mondiale.

Évolution religieuse face à la crémation

Seuls les pays comme le Portugal, l’Irlande, l’Italie ou les pays d’Amérique du Sud comme le Brésil, dont la religion dominante est le catholicisme, connaissent des taux de crémation historiquement bas. En Espagne, l’arrivée de retraités d’autres pays a fait croître un taux de crémation jusque-là faible (11% en 1998) pour atteindre désormais 20% de la population.

L’Église accepte la crémation

Si certaines croyances refusent la crémation, la religion musulmane et la religion judaïque notamment, le catholicisme et la religion orthodoxe tolèrent désormais la crémation. Le bouddhisme y est totalement favorable. En France, la loi du 15 novembre 1887 a posé le principe de la liberté du choix de sépulture. Depuis 1963, la religion catholique tolère la crémation suite au concile de Vatican II.

 

L’église souhaite néanmoins que l’urne funéraire (appelée également urne cinéraire) se retrouve dans un lieu d’accueil définitif, dans un cimetière ou dans le jardin du souvenir.  Depuis le 1er mars 2016, la religion orthodoxe, autrefois réticente, autorise désormais la crémation également.

Le saviez-vous

david bowie capture video de blackstar

Même le célèbre chanteur britannique David Bowie a, selon son testament, opté pour la crémation comme pratique funéraire. Cependant, les raisons ne sont pas ici économiques car la star anglaise a souhaité être incinéré, afin que, selon le New York Post, ses cendres soient répandues sur Bali « conformément aux traditions bouddhistes de l’île ». David Bowie, l’auteur de «Ashes to Ashes …»*, souhaitait que seule son œuvre lui survive et qu’une pierre tombale à son nom, ne devienne pas, à l’instar de celle de Jim Morrison au cimetière Père Lachaise, l’objet d’un culte.

*Littéralement « Des cendres aux cendres » que l’on peut traduire par « Poussière, tu redeviendras Poussière ».

Crédits Visuel :

Capture video Blackstar de David Bowie


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